Les 4 Problèmes que les Voitures Causent en Ville (et leurs Solutions)

Nos villes ont un problème. Un gros problème.

Peu importe la ville où vous habitez actuellement, mis à part quelques exceptions, elle aurait sans doute un énorme intérêt à être reconstruite.

Pourquoi ? Parce que ses rues ne sont pas du tout adaptées.

Elle a été construite avec les mauvaises priorités en tête, et maintenant, les dirigeants politiques locaux s’en mordent les doigts et des millions d’euros sont perdus chaque années.

Vous voulez savoir pourquoi ? Alors lisez donc les quelques lignes qui suivent.

Le design des routes actuelles

Aujourd’hui, les routes qui sillonnent nos villes sont faites pour favoriser la mobilité de principalement une catégorie de véhicule : la voiture.

Dans la tête des architectes d’il y a quelques dizaines d’années, c’était logique. Les voitures sont le moyen de transport préféré des gens.

On peut en avoir une pour soi tout seul ou pour sa famille, elles vont vite, ne sont pas trop chères à faire tourner grâce au bas prix de l’essence, et avec un petit prêt de la banque, presque toute la classe moyenne peut se permettre d’en acheter une.

Wow, génial, c’est parti pour construire des centaines de kilomètres de routes partout à travers nos villes !

Et c’est là qu’est arrivé le premier problème lié aux routes de nos villes.

Problème 1 - L’espace

Une bande, deux bandes, il ne faut surtout pas hésiter à laisser de la place pour la voiture. Après tout, la mobilité, c’est extrêmement important.

C’est ainsi que de simples rues à sens unique ont commencé à mesurer 5 mètres de largeur rien qu’au niveau de la chaussée, et les rues à double sens 10.

Bien entendu, plus une rue était importante au sein d’une ville, plus elle recevait de trafic. Donc il fallait l'agrandir.

Les boulevards se sont donc transformés en en mini autoroutes de deux bandes de chaque côté, totalisant une largeur d’une vingtaine de mètres rien que pour le passage de cette glorieuse voiture.

Boulevard à Liège

Un boulevard bien moche de Belgique

Bon, une fois que toutes les rues ont été optimisées pour la voiture, la mobilité était assurée non ?

Ah, ben non.

Parce que l’un des problèmes majeurs de la voiture, c’est que quand on ne l’utilise pas, il faut la mettre quelque part. Et des voitures, ça prend beaucoup de place. Surtout quand il y en a plus d’une par ménage en moyenne.

Alors c’est reparti ! Ce n’est pas bien dur de régler ce problème, il suffit de prévoir des parking partout en ville. Le long de chaque rue, de chaque avenue, de chaque boulevards, hop, plein de belles places de parking.

Le souci, c’est que dans les zones denses comme les centre-villes, le nombre de voiture dépasse très largement le celui de places de parking. C’est d’ailleurs ainsi qu’est né le business des parking souterrains, dont la seule valeur ajoutée est d’être une zone de stockage temporaire de voitures inutilisées. Quel ajout de valeur énorme !

Parking souterrain

Un glorieux parking souterrain ayant coûté très cher

Il n’empêche que cet encouragement à la mobilité urbaine via la voiture a bel et bien marché. Tellement bien marché qu’énormément de villes souffrent de bouchons sur leurs routes pendant les heures de pointe.

Au final, on se retrouve donc avec des villes dont le design est optimisé pour la voiture, mais qui sont contraintes de consacrer une grande quantité d’espace à ces véhicules.

De tous les moyens de transport envisageables en ville, la voiture est de très loin celle qui occupe le plus d’espace.

Problème 2 - L’endettement

En moyenne, le budget annuel qu’une personne alloue à sa voiture est de 5705 €. Ainsi, la voiture est la deuxième plus grosse dépense qu’on fait dans sa vie, juste après les dépenses liées au logement.

Parce que oui, une voiture, ça coûte cher. Très cher. Non seulement à l’achat, mais surtout à entretenir, à assurer, et à faire tourner.

En fait, quand on y pense, le modèle actuel où chacun possède sa voiture personnelle pour se rendre à son travail et pour ses déplacements est ridiculement inefficient.

En général, une personne va utiliser sa voiture de façon tellement efficace qu’elle restera garée à être complètement inutile 95% du temps.

Imaginez un peu cette situation : vous faites un magnifique cadeau de 10 000€ à un proche. Un cadeau si beau et si cher qu’il vous a nécessité de faire un prêt à la banque et d’aller puiser dans vos économies personnelles.

Ah, et pour ajouter à ça, étant donné que vous êtes extrêmement généreux, vous décidez de prendre également en charge toutes les dépenses futures que ce cadeau va entraîner, ce qui n’est pas rien, car ces dépenses s’élèvent à plusieurs milliers d’euros par an.

Après quelques temps, vous vous rendez compte que la personne que vous avez si généreusement gâtée n’utilise presque jamais son cadeau. Moins de 5% du temps pour être exact, et le reste du temps, elle laisse son cadeau de côté, complètement inutile.

Vous l’avez sans doute compris, cette personne, c’est vous.

Vous vous êtes offert un très onéreux cadeau, et 95% du temps, il ne vous sert à rien mis à part prendre de la place et générer des coûts supplémentaires.

Problème 3 - La pollution

Si je n’ai pas commencé cet article en mentionnant ce troisième problèmes qu’est la pollution, c’est parce qu’il était trop évident et que j’ai préféré aborder des points moins bien connus en premier.

Aujourd’hui, heureusement, nous sommes tous assez conscients de la pollution qu’entraînent les voitures en ville. Celles au diesel sont tout particulièrement nocives car elles libèrent des particules fines, qui sont désormais classées cancérigènes de groupe 1.

Ces particules fines, que n’importe quelle personne qui vit en ville respire à chaque fois qu’il met un pied dans sa rue, sont connues pour causer des maladies cardio-vasculaires, altérer les fonctions pulmonaires, engendrer le cancer poumon, et plus globalement, diminuer l’espérance de vie.

Pollution causée par la voiture

Une bonne bouffée de cancer droit dans les poumons

Quand on sait que plus de 60% du parc automobile français est composé de voitures au diesel, autant dire que cette nouvelle n’est pas très bonne à entendre.

Non seulement les voitures coûtent cher, prennent énormément de place et sont utilisée de façon très peu efficace, mais en plus, elles nous empoisonnent à longueur de journée.

Problème 4 - La sécurité

Bon, mon article est actuellement assez sombre et négatif, mais il va s’améliorer sur la fin, c’est promis. Tiens, que diriez-vous d’un petit tour de magie pour vous remettre de bonne humeur ?

Je vais tenter de faire une prédiction.

Mhmmm, je pense… Je pense que vous connaissez au moins une personne qui vous est proche et qui a déjà fait un grave accident de voiture. Tellement grave qu’il a dû être emmené à l’hôpital d’urgence.

J’ai raison ? Statistiquement, il y a énormément de chance de ce soit le cas. Vous avez peut-être déjà fait vous-même un tel accident.

En ce qui me concerne, j’ai dû être transporté en hélicoptère jusqu’à l’hôpital le plus proche il y a quelques années après qu’un gros 4x4 soit rentré dans ma voiture. J’étais inconscient, donc je me souviens de rien.

En 2016, 3469 personnes sont mortes en France et 637 autres sont mortes en Belgique à cause des accidents de la circulation. Et malheureusement, ces chiffres ne sont pas en baisse.

Mais ça, ce ne sont que les morts. En 2016 et en France, 57 522 accidents corporels ont eu lieu causant 72 645 blessés. Parmi toutes les causes de ces accidents, les plus courantes sont, en ordre décroissant :

  • La vitesse
  • L’alcool
  • La drogue
  • Les priorités
  • Le smartphone

Comme Elon Musk l’a si bien dit : quand on y pense, il est complètement fou de laisser des humains conduire des machines de 2 tonnes capables de rouler à 100 km/h (ou un truc comme ça, je ne me souviens pas de la phrase exacte qu’il a utilisée).

Et il a raison ! Nous ne sommes que des humains, pas des machines. On est parfois fatigués, distraits, nos réflexes sont lents, et globalement, même lorsqu’on est en pleine forme, on n’est pas faits pour conduire des engins de 2 tonnes qui peuvent tuer n’importe qui si on appuie un peu trop sur l’accélérateur.

Comment régler ce problème ?

La solution à ce quadruple problème que causent actuellement nos routes n’est pas simple.

On ne peut pas bêtement décider du jour au lendemain d’interdire les voitures en ville, même si ce n’est que dans le centre-ville. Les commerces qui s’y trouvent ont besoin que les camions de leurs fournisseurs puissent s’y rendre pour recharger leurs stocks, et beaucoup de citadins dépendent énormément de leur voiture pour leurs déplacements quotidiens.

La solution est donc plutôt progressive que radicale. Au lieu de supprimer toutes les voitures de nos villes du jour au lendemain, il faut mettre en place une série de choses pour améliorer la situation.

Les solutions d’avenir

En premier lieu, jetons un oeil à ce que la technologie nous réserve comme solutions potentielles.

Ces solutions ne sont peut-être pas totalement au point, et encore moins proches d’être adoptées par le grand public, mais il est intéressant d’y jeter un oeil pour voir ce que l’avenir nous réserve.

Les voitures électriques

Les voitures électriques gagnent de plus en plus en popularité, ce qui est une très bonne chose.

Cependant, il ne faut pas croire que ces voitures sont la solution au problème. Loin de là.

En fait, si on regarde les quatre problèmes que causent les voitures actuellement, les voitures électriques n’en règlent qu’un seul : celui de la pollution.

C’est une bonne chose bien sûr ! Je préférerais mille fois que les voitures en ville soient toutes électriques pour enfin arrêter d’avoir à respirer des particules fines à longueur de journée.

Il n’empêche que tous les autres problèmes restent là. Les voitures électriques prennent autant de place que les voitures classiques, elles coûtent tout aussi cher, voire même plus cher en fait, et elles restent un gros problème pour la sécurité.

Les voitures autonomes

Haaa ça, autant dire qu’il n’y a pas un jour où je ne fantasme pas à l’idée de pouvoir monter dans une voiture sans chauffeur et qu’elle me conduise où je veux.

Les voitures autonomes sont là, et elles fonctionnent très bien. L’une des entreprises les plus avancées en la matière, Waymo, est actuellement en train de réaliser des tests sur parcours réel avec des familles américaines.

Cependant, il va falloir un bon moment pour que cette technologie soit acceptée par tout le monde. Il faut gagner la confiance du grand public et construire une structure légale autour du sujet.

De plus, même si des voitures autonomes vont bientôt circuler sur nos routes, il restera toujours la gigantesque quantité de voitures classiques qui circuleront jusqu’à être remplacées. On s’attend donc à ce qu’il faille une vingtaine d’années environ pour que la quasi totalité des voitures circulant sur les routes soient autonomes.

Les opportunités qu’offrent les voitures autonomes sont énormes, et résolvent une grande majorité des problèmes actuels liés aux voitures.

Tout d’abord, la sécurité. L’ordinateur présent dans une voiture autonome ne se fatigue pas, n’est pas distrait, et ne boit pas d’alcool. Son temps de réaction est un milliard de fois plus rapide que celui des humains.

Grâce à l’intégration sur des véhicules autonomes de technologies comme des lidars, des radars, des caméras et du machine learning, l’ordinateur de bord est capable d’enregistrer et de traiter énormément plus d’informations sur son environnement qu’un humain.

Et s’il arrive un problème ? Si l’ordinateur cesse de fonctionner, qu’il y a un faux contact ou une erreur de calcul ? Des systèmes de backup sont prévus pour que, quoi qu’il arrive, la voiture se remettent à fonctionner ou s’arrête en toute sécurité.

Système de backup des voitures autonomes de waymo

Système de backup des voitures autonomes Waymo

En plus d’améliorer énormément la sécurité des voitures, l’autonomie permet également de résoudre le problème de l’endettement.

En effet, dès lors qu’une voiture est capable de fonctionner toute seule et qu’elle est associée à une application de car-sharing comme Uber ou Lyft, le fait de posséder une voiture n’a plus vraiment d’intérêt.

Si, n’importe quel jour et à n’importe quelle heure, il vous suffit d’appuyer sur un bouton dans une application pour qu’une voiture vienne directement vous chercher et vous conduise où vous voulez, à quoi bon posséder votre propre voiture ?

D’autant plus que grâce à l’autonomie, le coût par trajet risque d’être très bas. La raison est double : plus de chauffeur à payer, et bien meilleure rentabilisation de la voiture qui pourra tourner 24h/24.

On s’attend donc à passer d’un modèle de possession à un modèle d’utilisation, où tout le monde n’a plus à être le propriétaire d’une voiture (avec tous les coûts que ça implique), et peut simplement utiliser des services de car-sharing pour se déplacer.

Globalement, en ayant des voitures à la fois autonomes et électriques, il serait donc possible de régler trois des quatre problèmes majeurs :

  • L’endettement
  • La pollution
  • La sécurité

Quant à l’espace, même si le nombre de voiture risque de diminuer car elles seront utilisées de façon nettement plus efficace, il faudra quand même les stocker en période de faible utilisation comme pendant la nuit. Ce paramètre reste donc assez flou pour l’instant.

Les solutions d’aujourd’hui

Même si la vision d’un futur plein de voitures électriques et autonomes fait plaisir à imaginer, la vérité, c’est qu’on en est encore loin.

En France aujourd’hui, moins d’une nouvelle voiture sur trente est électrique. C’est dire si on est loin de l’adoption générale. Quant aux voitures autonomes, on est encore à plusieurs années de voir les premières être testées sur des routes européennes.

Il est donc indispensable de s’intéresser à des solutions qui existent et qui sont déjà d’application. Des solutions qu’on peut mettre en place là tout de suite en faisant simplement quelques modifications à nos routes et en encourageant certaines pratiques plutôt que d’autres.

Les transports en commun

Parmi les solutions qu’on peut mettre en place aujourd’hui, l’une des plus évidentes est bien sûr les transports en commun. Ils sont déjà présents dans toutes nos villes et jouent un rôle crucial dans la mobilité urbaine.

Cependant, sur certains itinéraires, les transports en commun peuvent paraître nettement moins avantageux que la voiture. C’est en particulier le cas lorsqu’on sort du centre-ville et qu’on va dans les périphéries, où il y a moins d’arrêt et de passage des transports en commun.

Pour ne pas encourager à l’utilisation de la voiture en zone urbaine, les villes doivent donc s’assurer que les transports en commun soient quasiment toujours plus avantageux à utiliser qu’une voiture. C’est-à-dire qu’ils doivent être plus rapides et moins chers, même sur les trajets hors du centre-ville.

Les transports en commun doivent également être variés. Les bus, c’est bien, mais pour certains parcours, le tram est nettement meilleur. Quant au métro, il n’est à envisager que pour les villes les plus grosses car sa construction et son entretien sont extrêmement coûteux.

Enfin, pour avoir des transports en commun vraiment avantageux, une ville doit s’assurer de leur consacrer un espace suffisant.

En effet, à quoi bon prendre le bus si celui-ci passe par les mêmes voies que les voitures et souffre des mêmes bouchons et ralentissements qu’elles ? À quoi bon prendre le tram si son parcours est trop court ?

Bref, afin d’intégrer correctement des transports en commun à la mobilité d’une ville, il faut s’assurer qu’ils soient plus rapides, moins chers et plus simples à utiliser qu’une voiture.

La marche

Et là vous vous dites : “Wow Robin, la marche, une bonne solution de déplacement ? Mais quel génie tu es pour avoir découvert ça !”

Bon, d’accord, il ne fallait pas avoir 150 de QI pour savoir que la marche est un moyen simple et efficace de se déplacer en ville.

La discussion que je veux avoir ici, c’est si les rues de nos villes sont optimisées pour cette simple et bête marche. Parce que dans de très nombreuses villes, ce n’est pas le cas.

Là où un boulevard assez standard va occuper 20 mètres de la largeur d’une rue, les trottoirs n’auront souvent droit qu’à 1,5 misérable mètre de chaque côté de la route.

Et quels trottoirs ! Souvent mal entretenus, on y trouve des déchets, on y trébuche sur des dalles détruites, et de façon générale, on sent clairement que ce trottoir n’a pas été le sujet de profondes réflexions de la part de la ville pour en faire un espace public agréable.

Ah, et en plus de devoir emprunter un trottoir sale et mal entretenu, il faut également subir toute la pollution générée par les centaines de voitures qui circulent sur la route. Bref, autant dire que le moyen de déplacement le plus simple qui existe se voit souvent dédier le moins d’attention de la part des villes, et c’est bien dommage.

Pourtant, les villes dans lesquelles on se sent le mieux sont très clairement celles où on peut passer des heures à marcher de petites ruelles en petites ruelles, chacunes plus mignonnes les unes que les autres, et où la mobilité pédestre est vraiment mise en avant.

Rue piétonne à Bruges

Une rue de Bruges

Rue à Amsterdam

Une rue d'Amsterdam

Le vélo et la mobilité électrique

En plus des transports en commun et de la marche, le vélo s’est imposé dans beaucoup de villes comme étant la solution la plus simple et la plus pratique pour se déplacer.

Un vélo, ça ne coûte pas cher, ça ne prend pas beaucoup de place, ça ne pollue pas, et comme on ne sait pas atteindre des vitesses folles avec, c’est assez sécurisé. Bref, le vélo n’a aucun des quatre problèmes que j’ai abordé au début de cet article.

Par contre, le vélo a des défauts qui le rendent peu pratique dans de nombreuses situations.

Il n’est pas bien adapté pour les villes avec de fortes pentes. Il n’est pas non plus pratique par mauvais temps, et à partir de 5 km de distance, le temps qu’on prend pour réaliser un trajet à vélo devient trop long.

Le vélo n’est donc pas fait pour toutes les situations ni pour tout le monde, mais c’est néanmoins une solution propre, peu chère et facile. Et ça, certaines villes l’ont très bien compris. Au point même de mettre en avant le vélo par-dessus tous les autres moyens de transport urbains.

À Copenhague par exemple, le nombre de vélos dépasse celui des voitures. Des ponts entiers leur sont entièrement consacrés, tout comme des rues et des routes.

Un pont pour vélo à Copenhague

Un pont pour vélo à Copenhague

Autrefois une ville polluée pleine de voitures et d’embouteillages, Copenhague a, il y a quelques années, décidé de retirer de l’espace à la voiture et de mettre en avant les transports en commun et les vélos. Aujourd’hui, cette ville respire à nouveau et la qualité de l’air s’y est nettement améliorée.

Amsterdam est un autre exemple de ville européenne où le vélo est énormément mis en avant. Au point même que la quantité gigantesque de bicyclettes dans certains endroits de la ville cause des problèmes d’urbanisme. Une preuve de plus que si le gouvernement local ne met pas en place les infrastructures nécessaires, des problèmes arrivent, même quand il ne s’agit que de vélos.

Enfin, en complément des vélos, on voit apparaître de plus en plus des moyens alternatifs de déplacement urbains équipés d’un moteur électrique. Gygoroues, skateboards, trottinettes et vélos électriques offrent des solutions alternatives pour bouger en ville, et ces technologies ne sont pas prêtes de s’arrêter. Ni de gagner en popularité.

Il est donc important qu’une structure légale se construise autour des ces appareils afin qu’ils puissent circuler en toute sécurité et légalité dans les rues de nos villes.

Pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres, les moteurs des vélos électriques non bridés sont aujourd’hui capables de les propulser à plus de 40 km/h, ce qui est considéré comme illégal. Les constructeurs se retrouvent donc obligés de restreindre électroniquement la vitesse des vélos à 25 km/h pour respecter les législations européennes, mais de nombreux utilisateurs sont frustrés par cette restriction et décident malgré tout de retirer la limite de vitesse de leur vélo.

Au lieu d’ignorer les nouvelles technologies qui ont le potentiel d’améliorer les déplacements urbains, il est donc important de s’y intéresser de près et de leur donner une structure légale afin que tout le monde puisse être en sécurité sur la voie publique.

Conclusion

En conclusion, le point clé que je voulais aborder avec cet article est que les routes de beaucoup de nos villes sont avant tout optimisées pour les voitures, pas pour les gens.

Cette optimisation, qu’on pensait autrefois être une bonne chose, se révèle être en fait très mauvaise car elle cause des problèmes d’espace, d’endettement, de pollution et de sécurité.

Pour résoudre ce problème, on peut imaginer dans un avenir plus ou moins proche des solutions apportées par le progrès technologique telles que les voitures électriques et autonomes, mais cet avenir va mettre encore de nombreuses années avant de faire partie de la vie de tous les jours.

Au lieu d’espérer que les progrès technologiques apporteront forcément la solution avec eux, il vaut mieux se tourner vers des solutions qu’on peut mettre en place tout de suite comme l’amélioration des transports en commun, des lieux pédestres et des infrastructures pour les vélos, ainsi que la mise en place de structures légales pour les appareils à mobilité électriques.

Cette transition depuis des villes pour voitures vers des villes pour personnes n’est pas simple, mais elle est réaliste.

D’autres villes comme Copenhague et Amsterdam l’ont déjà fait, et il suffit de prendre exemples sur elles pour éviter de faire des erreurs inutiles.

Si vous ne retenez qu’une seule phrase de tout ce que j’ai raconté, retenez donc celle-ci : “Voulez-vous vivre dans une ville faite pour les voitures, ou une ville faite pour les personnes ?”

J’espère que vous aurez passé un bon moment en lisant cet article. Désolé pour sa longueur, je n’avais pas prévu d’écrire autant. Je me suis juste lancé, et les mots sont venus les uns après les autres.

Si vous avez une question ou une remarque par rapport à tout ce qui est dit dans cet article, n’hésitez surtout pas à laisser un commentaire et j’y répondrai avec grand plaisir.

Sources

À propos de l'auteur Robin Lespagnard

Passionné par les nouvelles technologies et la mobilité électrique, j'ai créé Électrifiant.com avec pour but de partager mes recherches et mes trouvailles avec le web francophone.

  • AlexisBa dit :

    Bonjour Robin,

    Article intéressant, mais néanmoins très orienté … vers l’électrique. J’ai bien compris que c’était le but de ton blog, ne t’en fait pas.

    Néanmoins, quelques pistes et idées qui me chiffonnent un peu :

    – Quid de la production nécessaire en électricité pour alimenter toutes ces voitures électriques ? Je suis plutôt d’accord sur le fait que l’éléctrique et l’autonome sont intéressants, mais ce n’est selon moi qu’une étape. Les transports en communs et les déplacement « 0 émissions » sont largement suffisante dans des villes de tailles moyennes et grandes. Oui, même pour faire les courses sur une semaine et aller chercher les enfants (triporteur, etc.)

    – Pourquoi orienter automatiquement vers l’électrique ? Un vélo classique, à 50 e d’occasion peut suffire pour toutes les personnes aptes physiquement. Sur – de 5km, c’est même la solution la plus efficace. Certains font plus, mais on commence à transpirer. Quand à la limitation de vitesse à 25 km/h, elle est selon moi normale. Si on commence à bidouiller des vélos pour aller plus vite (comme dit au dessus), on recréer exactement les même problèmes qu’avec les véhicule motorisé. Pour info, à 45 km/h avec un vélo d’une quinzaine de kilo + ton poids, tu peux tuer un piéton en choc frontale (ou te tuer). C’est inconscient.

    Sinon, je suis plutôt d’accord avec les 4 points importants de ton article, un peu moins sur les solutions.

    • Robin Lespagnard dit :

      Salut Alexis, merci beaucoup pour ton commentaire.

      Tu l’as bien compris, je suis un amoureux de la mobilité électrique et des possibilités qu’elle offre ^^

      Tes remarques sont très judicieuses. On pourrait en discuter si ça t’intéresse, je pense qu’il y a possibilité d’un petit débat constructif.

  • Kafouniet dit :

    Si la voiture pose des problèmes , elle apporte aussi des services inestimables, je ne crois pas qu’il faille se focaliser sur son remplacement mais plutot sur la complémentarité d’autres outils.
    La voiture est un problème surtout dans les grosses métropoles régionales , ailleurs ce n’est pas un si gros problème. On peut se poser la question de comment faire disparaitre cette centralisation et re occuper l’espace délaissé des campagnes car la voiture n’est qu’un des multiples problèmes de cette société regroupée dans ces gros centres urbains : logement, pollution, sociabilité, …
    Un autre des problèmes est l’etat catastrophiques des transports en commun , le RER parisien est un bouge , une calamité qui rassemble le pire de ce qu’on peut craindre avec des gens payés pour faire rentrer les usagers de force dans des rames saturées . On imagine comment demain une pandemie pourrait faire des ravages dans cette configuration.
    Non les transports en commum ne sont pas une solution , on pourrait faire des pages sur les inconvénients qu’entraine ce mode de transport.

    • Robin Lespagnard dit :

      Salut et merci pour ton long commentaire.

      Je pense que tu as raison. Il n’est pas question dans mon article de remplacer totalement la voiture mais plutôt de s’intéresser aux autres moyens de se déplacer en ville et aux bénéfices qu’ils pourraient apporter. Quant à la centralisation, la majorité des prédictions s’accordent à dire que ça ne va faire qu’empirer. Les centres urbains risquent fort de devenir toujours plus denses et peuplés.

      Je partage un peu ton dégout des transports en commun ^^ Mais sincèrement, j’ai pu observer qu’il y avait un monde de différence entre des transports en commun mal gérés (par exemple, comme tu le fais remarquer, le RER parisien) et ceux bien gérés (ex : ceux de Copenhague).

      Se déplacer via des transports en commun bien géré est un vrai plaisir, tandis que dans des mals gérés est une pénitence.

  • William dit :

    Magnifique synthèse, très complet et très cohérente !

    -Pour les vélo électrique, je confirme la frustration des 25km/h..Pourquoi une telle limite d’une solution de transport efficace, quand la pollution atteint actuellement des pic de record ? C’est ce mettre des bâtons dans les roues comme on dit…

    -Pour complétez la synthése, vous auriez put parlez des speed-bike aussi. Ils ont l’avantage de pas être limité en vitesse, mais leurs autres contraintes (prix extrêmement élever, assurance à payer, casque lourd obligatoire, interdiction d’allez sur les sentier…) dissuade beaucoup de monde…

    • Robin Lespagnard dit :

      Salut William, merci pour ton commentaire 🙂

      -La question des 25km/h génère beaucoup de débats. Certains trouvent que c’est suffisant, d’autres pas… Perso, je dirais que c’est suffisant uniquement dans certains cas mais c’est loin de l’être dans tous, et c’est très dommage pour tous les gens qui voudraient utiliser un vélo électrique mais qui les trouvent trop lents (typiquement, trajets de 7 à 15 km)

      -Tu as raison, j’aurais pu. J’en parle dans d’autres articles du site, ici j’ai voulu rester « à l’essentiel ». Merci pour la remarque 🙂

      • william dit :

        Perso, je fais parti de ceux qui sont totalement opposer au 25km/h. Pour cette raison, j’en suis venu à carrément monté mon propre vélo électrique moi-même, pour taper des vitesses plus raisonnables (35-40km/h) et tant pis pour la légalité.

        -Je pense que juste lever la limite de vitesse à ~32km/h, comme c’est déjà le cas au USA, suffirait à limiter cette frustration et donc réduirait considérablement le nombre de vélo électrique débridé. Car déjà en pratique, à 32km/h, on a la sensation d’avancé à bonne allure.
        Et pas besoin d’un master Math sup pour calculer le gain de temps : 32 / 25 = ~30%. C’est énorme et ça change carrément la donne pour du vélo-taff.
        Ainsi, un trajet de 25km se faisant en 1h, pourrait se faire en toute sécurité en quasi 40min, soit 20min de gain, pour juste 7 misérables km/h de plus.

        C’est véritablement une hérésie anti-écolo et anti-liberté ces 25km/h… 🙁

  • J Mathevet dit :

    Superbe article, et très convaincant (certes, j’étais déjà convaincu à la base)

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